A l'honneur ...



Bernard Clouet nous a quittés

Il était le dernier des "honnêtes hommes" au sens des Lumières, à être parmi nous : écrivain, peintre, philosophe, poète mais aussi scientifique... et charmeur. Il a rejoint Marguerite le 1er novembre 2019. Une étoile porte son nom dans le ciel mais une autre s´est éteinte sur terre.

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  LEGENDRE Sandrine  
 
Professeur de lettres classiques, je ne réside pas en Haute-Marne mais j´y ai mes souvenirs d´enfance.
J´écris des nouvelles et des poèmes, émanations de mes mouvements d´âme, des rencontres fâcheuses ou touchantes que j´ai faites, de mes besoins de transcendance, de mes observations au jour le jour.


Je n´ai rien publié mais, si vous êtes arrivé(e)(s) sur cette page de l´Association Haute-Marnaise des Ecrivains, restez encore un peu. J´ai quelques poèmes à vous donner.




QUAI SAINT-JEAN


Mouettes du quai Saint-Jean
Campées au faîte du réverbère
S´envolant contre le vent
Luttant de concert et puis
Se rasseyant


Indifférentes au temps
Elles planent en direction de la mer
Entrevoient les docks distants
d´Anvers sous la bruine et puis
Se rasseyant


Sisyphes au plumage blanc
Valsant un corps-à-corps éphémère
Leur incessant mouvement
Nie leur liberté enfuie
Se résignant





RUE KEPLER


Dans la brume entachée
Les ondulations vivaces des ailes blanches
Se disputant le ver aux décombres arraché
Les ondulations devant moi vite ont passé.


Lueurs à l´aube grisées
Un corbeau noire virgule en la nuée blanche
Remportant d´un élan périlleux ce trophée
Un corbeau noir son point final a croassé.





L ´ É T O I L E


L´obscurité ne dévoile à la mémoire que la respiration profonde
Et le crissement des pas sur le gravier.


Roi Mage, tu te hâtes
Ce chemin tu le connais -
Et cette sensation de froid
Au bout de tes orteils mouillés.


La lumière bleu foncé exhale ses volutes de mousseline,
Transpirantes des songes les plus noirs de l´année.


L´allant de ton pas,
Basse continue de ta conscience,
Te mènera par les ponts endeuillés de crasse
Aux quais semi-abandonnés.


Et dans les talus gelés, les longues fanes de givre cristallin
S´éclairent de l´intermittence des lueurs effarées.


O Roi Mage, là où tu vas,
Tes gants de laine rêche posés sur tes sangles,
C´est le destin des peuples que tu convoies
Sale, pourtant, fatigué d´avoir veillé.

Mais l´aube point. Croassement. Lumière pâle. Bruits de circulation.
L´astre s´éteint, et toi, tu l´attends, d´un bâillement prolongeant l’arrière-goût d´un café.







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