A l'honneur ...



Bernard Clouet nous a quittés

Il était le dernier des "honnêtes hommes" au sens des Lumières, à être parmi nous : écrivain, peintre, philosophe, poète mais aussi scientifique... et charmeur. Il a rejoint Marguerite le 1er novembre 2019. Une étoile porte son nom dans le ciel mais une autre s´est éteinte sur terre.

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  Ahomaïshinals : l´Esprit et le Monde (Tome 3)  
 
ecrivains Haute Marne
 • L’esprit et le monde


La Parcelle baigne dans une douce quiétude, mais l’Univers est en péril. Un dilemme se pose pour les Ahomaïshinals : préserver leur tranquillité ou venir au secours des peuples de l’Univers, ce qui menacerait leur monde. Voici venu le temps du plus grand défi que les Ahomaïshinals auront à relever, avec son lot de sacrifices.

De nombreux rebondissements et de nouveaux personnages qui viennent pimenter l’intrigue. Un final plus sombre et plus tendu, qui vient clore la trilogie… mais laisse présager des suites dérivées.


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 • Extraits du livre


Baptiste fut réveillé par le flux et le reflux des vagues. Il avait un mal de tête atroce. Il se releva péniblement et épousseta ses vêtements couverts de sable. Il contempla le paysage alentour. Mais où était-il ? La plage à perte de vue, la mer, le soleil… le paradis ? Non. Le paradis n’était pas douloureux, ainsi que sa tête se plaisait à lui rappeler. En regardant plus attentivement, il aperçut, à une centaine de mètres, le corps d’un individu, étendu sur le sable lui aussi. Baptiste s’en approcha et, sans le vouloir, remarqua à son propre doigt une alliance. Il marqua un arrêt. Un visage vint à ses yeux. Shaïmi. Il refit un tour d’horizon. Mais où était-elle passée ? N’ayant pas de réponse immédiate à cette question, il reporta son attention sur l’inconnu. Un colosse. Un molosse. Un… une armoire à glace, voilà. Il essaya de le réveiller.
- Eh ! fit-il.
L’autre ouvrit les yeux, qu’il plissa, à cause du soleil.
- Vous êtes qui ?
- Je m’appelle Baptiste, je cherche ma femme. Vous ne l’auriez pas croisée, par hasard ?
Le colosse s’assit, puis se mit debout. « Ouah ! » pensa Baptiste, avec un léger recul. Ce type était encore plus impressionnant debout. Balèze et immense !
- Votre femme ? Qu’est-ce que j’en sais, moi ! Vous venez de me réveiller !
L’armoire à glace observa à son tour son environnement.
- Qu’est-ce que je fous là, moi ?
Baptiste haussa les sourcils. Lui aussi ? La coïncidence était énorme.
- Ecoutez, monsieur, insista Baptiste, il me semble que vous et moi…
- C’est vous qui m’avez traîné jusqu’ici ? accusa l’individu, soudain agressif.
- Quoi ? Mais non, pas du tout. Il me semble que nous avons été tous les deux conduits ici et…
- Me souviens pas. Et puis je ne vous connais pas. Alors allez chercher votre bourgeoise, et foutez-moi la paix !
- Une petite minute, reprit Baptiste, avec fermeté. Regardez votre main. Vous aussi, vous êtes marié.
L’autre écarquilla les yeux.
- Ben ça…
Puis son expression changea.
- Sûrement une plaisanterie de mes potes du poker, marmonna-t-il, en tentant d’ôter la bague, sans succès.
- De mauvais goût, si c’en est une, opposa Baptiste.
- C’en est forcément une, je n’ai pas le souvenir de m’être marié.
- Donc vous venez de vous réveiller, reprit Baptiste. Et pas de souvenir de comment vous êtes arrivé là ?
- Non, grommela M. Muscle, qui abandonna l’idée de se défaire de son alliance.
Il inspira profondément pour se calmer.
- D’accord, poursuivit Baptiste. Moi non plus, je ne me souviens de rien. Nous devrions travailler ensemble.
- Et puis quoi encore ? Chacun ses oignons, mon gars !
- Il se trouve que j’ai l’habitude des énigmes. Je suis flic et…
- J’ai horreur des flics, alors foutez-moi la paix, lâcha le colosse.
- Non, dit Baptiste. Nous devons comprendre…
Le colosse fit mine de s’éloigner, Baptiste lui agrippa le bras. L’autre crispa la mâchoire, l’attrapa par le col et lui donna un coup de poing dans l’œil, ce qui envoya Baptiste la tête la première dans le sable, tandis que l’armoire à glace s’éloignait à vive allure.




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 • Un autre extrait


Ils mangeaient tous de bon appétit. Clevic perçut soudain une odeur. Il cessa de manger et se redressa. Cette odeur…
Tout lui revint. Comment il l’avait aimée, adorée, comment il avait mis sa propre vie entre ses mains, comme il la désirait encore, après tout ce temps, comment elle était devenue sa lumière, et comment…
Il tremblait. Shaïmi se rendit compte qu’il avait les traits tendus et le visage tourné vers l’entrée. Elle se leva pour ouvrir la porte.
- Leïda ! balbutia-t-elle.
Elle s’effaça pour la laisser entrer, tandis que tous les regards se tournaient vers la nouvelle arrivante.
Clevic s’était figé.
- J’ai remarqué que vous me cherchiez, dit Leïda.
- Oui, viens t’asseoir, répondit Shaïmi.
Leïda lança un coup d’œil à Clevic, tétanisé. Elle s’assit en face de lui. Il avait envie de la prendre dans ses bras, de la toucher, et elle le regarda avec des yeux froids. Froids et douloureux.
- Où étais-tu ? demanda Shaïmi.
- Peu importe.
- Leïda, il faut que tu rendes la mémoire à tout le monde. Nous souffrons tous d’une amnésie, plus ou moins sévère, par laquelle visiblement tu n’es pas affectée.
- Je vois, dit Leïda, qui ne quittait pas le Loup des yeux. Tu ne te souviens de rien, j’imagine ? lui lança-t-elle.
Incapable de parler, il fit non de la tête.
Leïda se leva.
- Et vous ? ajouta-t-elle, s’adressant à l’assemblée, vous ne vous souvenez plus de ce que vous faites loin d’Ahom, c’est bien ça ?
- Oui, Leïda, confirma Shaïmi, c’est bien ça. Aide-nous, s’il te plaît.
- Bien sûr, dit Leïda. Mais je tiens à préciser à certaines personnes qu’elles ne s’en tireront pas à si bon compte, continua-t-elle en fixant son mari. L’amnésie n’excuse pas tout.
Alors il avait raison, songea-t-il. C’était sa faute. Mais qu’avait-il donc fait ? Comment avait-il fait son compte pour que sa femme, qui l’adorait, en vienne à lui en vouloir à ce point ?
Mais il n’eut pas le temps de s’interroger davantage. Sa tête se mit à tourner et il perdit connaissance, ainsi que tous les autres. La dernière chose qu’il vit avant de sombrer fut le regard fixe de Leïda, dur et amer.

Quand il revint à lui, il constata que tous les autres se réveillaient en même temps.
Un flot d’images emplit sa tête, que son cerveau s’empressa de remettre dans l’ordre. Les Fondateurs échangèrent des regards entendus. Teïmal exprima le sentiment général, avec une nuance d’inquiétude et de déconvenue dans la voix:
- Ah. Je me souviens, maintenant.






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 • Références :


ISBN : 978-2-9565733-2-6
PAGES : 516
FORMAT : 15,8 x 24 cm
PARUTION : janvier 2020
PRIX : 21,50 €




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Auteur du livre :
 AETEA Aurélie (1985...)