A l'honneur ...



Claude et Roger PETITPIERRE

Enfin, après vingt-cinq ans d´un travail sérieux, acharné et minutieux, ils font éditer le magistral ouvrage de Haute-Marne au Coeur de l´Histoire : deux volumes de cinq cents pages pour faire découvrir les richesses trop souvent méconnues du lieu de ce département, de la préhistoire à nos jours.

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  REGIN Yvon (1926-2001)   
 
ecrivains Haute Marne
Yvon Régin ne souffre plus depuis samedi 6 octobre 2001.

Homme de lettres et d’honneur, il était aussi drôle que de confiance. Même privé de voix ses dernières années, il n’en finissait pas de communiquer en société comme en particulier, face à ses feuillets qu’ils remplissaient de ses souvenirs. Fidèle à ses origines ouvrières, il a su en être une partie de la mémoire :
« Pas de documentation : mes souvenirs de jeunesse dans le monde ouvrier ont suffi. J’avais promis aux anciens d’arranger ça, pour que ça ne se perde pas » confiait-il au mois de juin, à l’occasion de la parution de son dernier livre, La Côte Aux Chats.
Il voulait « payer une partie de (s)a dette envers le monde ouvrier et l’école publique ». Il leur laisse des romans, des souvenirs et des contes qui en reconstituent la vie et l’âme. A tous et en particulier aux Ecrivains de Haute-Marne dont il a été d’ailleurs le trésorier, il laisse le souvenir d’un homme d’une joie intarissable, comme ces histoires qu’il savait si bien raconter :

« ces histoires, disait-il, qu’on se racontait dans le monde ouvrier. Le rire qu’on partageait (comme le vin et le tabac) permettait à l’homme de s’évader pour un temps, en oubliant sa dépendance à l’usine. »




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ecrivains Haute Marne
 • Une vie au service des autres


Photo : plaque offerte par l´AHME et posée sur l´école de Chamouilley qui porte désormais son nom)

Texte de Gil Mélison-Lepage (Présidente d´Honneur de l´AHME) :

Homme sans prétention, aux goûts simples, aimant particulièrement la nature, la pêche, la chasse, le jardinage, Yvon fut pourtant un élève brillant « le plus jeune de sa promotion à l’Ecole Normale » de Chaumont dont il sortit pour prendre un poste d’instituteur à Vallerest, puis ensuite à Rachecourt-sur-Blaise, et enfin en 1959 à Chamouilley qu’il quittera en 1981, pour goûter une retraite bien méritée.
Sous l’impulsion de l’Association des Ecrivains de Haute-Marne (devenue en 2008 Association haut-marnaise d´écrivains), depuis début 2002, le groupe scolaire porte son nom. Son métier, il l’aimait passionnément, il l’accomplissait avec ferveur, ajoutant à ses qualités de pédagogue, son amour de la musique qu’il transmettait à tous. Jouant de tous les instruments à vent – il a accompli son service militaire dans la musique du 151ème régiment d’infanterie - ce fut pour lui un crève cœur que de devoir abandonner ce penchant, lorsqu’en 1993 il perdit l’usage de la parole, suite à un cancer.

Doué pour la musique, doué pour le dessin, doué pour l’écriture – ses écrits reçurent plusieurs fois la 1ère mention du prix littéraire du Conseil Général de Haute-Marne, comme aussi la palme d’or de l’Académie du disque de poésie - Yvon Régin l’était également pour servir les autres, puisque durant toute son existence il a occupé le secrétariat de mairie dans les différents villages où il était en poste. Il fut l’un des fondateurs de l’Association des Ecrivain de Haute-Marne, il en fut le secrétaire durant dix années, jusqu’à ce que la maladie le contraigne à céder la place. Il restera cependant jusqu’à ses derniers jours un des plus fameux animateurs des réunions de cette assemblée, ses mots d’esprit circulant sur de petits papiers et mettant en joie l’ensemble des participants.

Mais son plus grand bonheur il le trouvait auprès de sa famille. Ayant épousé Marie-Josée, une jeune fille d’Eurville, ils eurent la joie d’être rapidement entourés de six enfants : Jean-Luc, Pascal, Olivier, Raphaël, Christelle et Florence. Quant à ses petits enfants, il leur a dédié un de ses ouvrages « C’est pour vous : Céline, Estelle, Emmanuel, Nicolas, Marie, Lucile, Simon, Marion, Jean-Baptiste, Julien et Pierre-Olivier, mes petits enfants, que j’ai rassemblé dans ce petit lexique les mots, expressions et tournures qu’on employait naguère et qu’on emploie encore dans le Vallage, le Perthois et le Sud-Barrois, à la campagne, dans les villages ouvriers, dans nos petites villes, dans la forêt, au bord de nos rivières, à la maison, à l’école et au cours des jeux. » peut-être juste histoire de « feûgner » dans ces « Mots et expressions d’hier et d’aujourd’hui » et de perpétuer la mémoire.

Yvon Régin figure en bonne place dans le « 52 écrivains haut-marnais, de Jehan de Joinville à Jean Robinet » sorti aux éditions Dominique Guéniot.

"Notre cher ami Yvon Régin à l´oeuvre considérable a fait l´objet d´une magnifique expo quelques années durant le " lire en fête" de St Dizier, et dont le nom (suite à notre demande) s´étale au fronton de l´école de Chamouilley"




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 • Un écrivain aux goûts simples


S’il est un homme discret, un créateur ne voulant pas occuper le devant de la scène, c’est bien Yvon Régin. Pourtant son talent de conteur, sa verve et sa culture le placent au premier rang des écrivains de Haute-Marne.

Qui mieux qu’Yvon Régin a su décrire la condition ouvrière ? Probablement personne, puisque né à Marnaval le 3 avril 1926, d’un père contremaître à la fonderie, il a conservé au cœur la mémoire de sa condition. Mieux même, il a su tout au long de son œuvre, à travers ses récits, narrer la vie simple de tous les jours, vus parfois avec des yeux d’enfants et des mots qui n’esbrouffent pas. Plongée dans les souvenirs, résurgence des expressions comme aussi rappel des us et des coutumes, c’est une sorte d’anthologie du passé « la première communion chez les ouvriers, c’est surtout dans les repas que ça se tient. Comme on n’a pas les moyens de manger des choses qui sortent de l’ordinaire, on estime qu’on aura fait un bon repas si on a beaucoup mangé et bien bu. L’Irma, de ce côté-là, est au courant des usages. Après la messe, pendant que les hommes sont à l’apéritif chez le Louis Rigaud et que les enfants épouvantent les vieux du quartier avec leurs pétards, les femmes, qui ont retiré le chapeau et le manteau, et mis un tablier, mettent la dernière main à la table…. »(Les battitures) Lors des animations du « Lire en Fête » 2002, un hommage a été rendu à Yvon Régin par l’association L’entre Tenir de Saint-Dizier qui a mis dans son programme de l’année, les meilleurs tranches de vie de cet écrivain sur lequel Henri Forssard disait à la sortie des Automnales : « la vie franche et sympathique de ces jeunes gens n’est pas sans rappeler celles des héros de Louis Pergaud. Il y a de la verdeur en moins peut-être, mais de la chaleur humaine en plus certainement. »




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ecrivains Haute Marne
 • Son oeuvre : peinture de la condition ouvrière


Œuvres parues aux éditions du Barrois :

- Croquis Haut-Marnais 1965
- Les Automnales, 1972
- 40 à l’Ombre, 1974
- Le Temps des Grenouilles, 1976
- Des Lauriers sous les Chênes, 1979
- Les Mémoires d’un Mille-Pattes, 1982
- La Catastrophe de Marnaval, 1983
Aux Editions Regain : Les Bragardes, 1969
Aux Editions Guéniot :
- Mots et Expression d’hier et d’Aujourd’hui, 1992
- Les Battitudes, 1995
- La Côte Aux Chats, 2001

Yvon Régin a aussi écrit d´autres oeuvres inédites.




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 • Présentation de : La Côte aux chats


Marseille, même à vol d´oiseau, est pourtant bien assez éloigné de la Haute-Marne. Certes!! Mais fi donc de la géographie car si la sardine a bouché le port, à Marnaval et ses alentours, n´y a-t-il pas des carpes qui sautent sur la berge pour mieux se faire attraper, des lapins géants et... des oies mangeuses d´êtres humains? J´en passe et des meilleurs! A travers ces anecdotes, ne cherchez pas la logique car tout un chacun sait bien que les histoires de bistrot, brodées au fil du temps, sont exemptes de toute logique cartésienne.

(Réédition : D. Guéniot Langres )




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