A l'honneur ...



Claude et Roger PETITPIERRE

Enfin, après vingt-cinq ans d´un travail sérieux, acharné et minutieux, ils font éditer le magistral ouvrage de Haute-Marne au Coeur de l´Histoire : deux volumes de cinq cents pages pour faire découvrir les richesses trop souvent méconnues du lieu de ce département, de la préhistoire à nos jours.

 Pour en savoir plus sur cette oeuvre, cliquez ici
 
  VOLTAIRE et Emilie du Châtelet  
 
 • Sommaire :


(Cette page a été écrite par Annie Massy ; photos : Philippe Savouret avec deux croquis de Claude et Roger Petitpierre)

I - Lieux haut-marnais associés :

II - Le philosophe mondain :

III - Biographie :

IV - Voltaire à Cirey sur Blaise (1734-1749) :
a) Refuge contre l’arbitraire royal
b) Vie de délices chez la divine Emilie
c) La contribution de Cirey à la pensée européenne :
d) Départ

V - Extraits d’oeuvres sur la Haute-Marne :

VI - Pour aller plus loin : les manuscrits retrouvés en 2010, d'Emilie du Châtelet




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ecrivains Haute Marne
 • I - Lieux haut-marnais associés :


Cirey-sur-Blaise :
Voltaire séjourne quinze ans auprès de Emilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet.
On peut y visiter l’aile que le philosophe a fait construire où se trouvait son exceptionnelle bibliothèque (qui renferme désormais une Encyclopédie entière de Diderot et d’Alembert.) C'est là qu'il faisait des expériences de physique avec Emilie et il y subsiste encore un peu de matériel.
Sous les combles, son petit théâtre a été entièrement restauré.




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 • II - Le philosophe mondain


Voltaire était un « mondain » pour reprendre le titre de son poème sur le luxe, à tous les sens du terme : un homme raffiné capable de fréquenter le monde des cours royales et un philosophe dont la réflexion eut un caractère et un retentissement international.
On se contentera, dans cet article, de reprendre les grandes lignes de sa vie et son œuvre que l’on peut compléter dans tous les manuels scolaires et encyclopédies. On s’attachera, par contre à sa période haut-marnaise à Cirey sur Blaise.

Rappelons donc simplement que Voltaire fut un génial touche à tout qui s’essaya à tous les genres, du moment qu’ils pouvaient servir à énoncer et diffuser les Lumières (les idées des philosophes). Ses contemporains ont remarqué ses tragédies de construction classique mais la postérité a surtout retenu les essais, les contes philosophiques et son abondante correspondance. Il est aussi l’auteur d’un dictionnaire philosophique et participa à la rédaction de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (Il collabora notamment au septième tome tout en regrettant son coût, sa diffusion limitée et sa modération en matière religieuse.) L’ironie constitue la marque typique du style de Voltaire mais il eut recours aussi à d’autres registres en privilégiant l’humour et la provovation. Pour faire passer les idées, « tous les genres sont bons, sauf l’ennuyeux ».





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Il a pourfendu l’intolérance et particulièrement sous sa forme extrême, le fanatisme religieux. Il s’implique personnellement dans la défense de victimes comme le Chevalier de la Barre, Sirven et Calas.
On retient de lui son déisme :
« L’univers m’embarrasse et je ne puis songer
Que cette horloge existe et n’ait point d’horloger » (Satires)

Il rejette tout ce qui dégrade l’Homme comme la guerre, cette « héroïque boucherie » (Candide)

Il a combattu toutes formes de tyrannies auxquelles il opposait le gouvernement du « despote éclairé » soutenu par des ministres philosophes. Il ne craignait pas de s’opposer au roi de France et aux autres souverains d’Europe, passant de ce fait, souvent, de la cour à l’exil ou la prison. Il préconisait un système économique moderne où les aristocrates ne seraient pas des parasites sociaux et où le peuple serait instruit. Grand voyageur, parfois forcé par les circonstances, il fut aussi avant l’heure, d’un mondialisme optimiste, voire naïf, qui aurait dû apporter le bonheur à l’humanité.
« Travaillons sans raisonner, dit Martin ; c’est le seul moyen de rendre la vie supportable » (fin de Candide)




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 • III - Biographie :


(Dessin de Voltaire et Emilie fait par Claude et Roger Petitpierre)

Faut-il répéter la biographie d’un philosophe aussi célèbre ? En voici néanmoins les dates importantes. Au lecteur de voir s’il les lit ou passe directement au paragraphe suivant !

1694 : naissance à Paris de François Marie AROUET, troisième enfant d’un notaire.
Il suit de brillantes études au collège de jésuites, Louis-le-Grand et commence très jeune à écrire des vers satiriques qui le conduisent à la Bastille en 1716 (mai à octobre) et de mai 1717 à avril 1718.
1726-1728 : Voltaire est exilé en Angleterre
Mai 1734 : Il trouve refuge à Cirey sur Blaise, chez la « divine Emilie » du Châtelet. Il s’y installe quinze ans, séjour entrecoupé de voyages en Prusse et à la cour de France.
(cf. : cette période est développée dans le paragraphe suivant)
1749 : mort d’Emilie du Châtelet.
1750-1753 : il s’installe à Postdam auprès du « despote éclairé » Frédéric II. Mais leurs relations s’enveniment.
1753-1755 : interdit à Paris, il reste à Colmar.
1755 : il s’installe aux « Délices » dans les environs de Genève.
1760 : il s’installe à Ferney, à proximité de la Suisse et en fait un haut lieu de l’Europe intellectuelle en correspondant avec plusieurs souverains. Voltaire est désormais connu comme le « Patriarche de Ferney ». Il gère son domaine en philosophe pour le plus grand bien des gens de la région.
1762 : Voltaire prend fait et cause pour Calas et lance une campagne médiatique à l’échelle européenne qui sauve sa famille et entraîne sa réhabilitation.
1778 : Voltaire meurt à Paris sans rétracter son déisme. Il obtient quand même une sépulture chrétienne à Scellières, en Champagne.
1791 : ses cendres sont transférées au Panthéon




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 • IV - Voltaire à Cirey sur Blaise (1734-1749): a) Refuge contre l’arbitraire royal


Son intelligence, sa fortune, son esprit et même son bon droit n’ont pas pu empêcher à Voltaire un emprisonnement à la Bastille et l’exil en Angleterre. Tout commence en 1726 lorsque le Chevalier de Rohan offense Voltaire sur son nom « Arouet ». « Le mien commence où finit le vôtre » aurait répondu le libertin philosophe. Il se fait rosser par les domestiques du chevalier et le roturier nouvellement anobli par l’achat d’une magistrature, ne peut obtenir justice contre un gentilhomme de naissance et de longue tradition. Au contraire, c’est lui qui est embastillé et exilé en Angleterre pendant trois ans.
Voltaire fréquente alors la haute société et les philosophes d’Outre Manche et croise même le roi. Il découvre et se passionne pour un pays de tolérance religieuse et pour une société ouverte où les aristocrates participent à la vie économique.

De retour en France, il écrit les Lettres Anglaises portant sur la secte des Quakers, sur les fondements de l’ordre public et sur les grands penseurs anglais. Elles annoncent le programme des Lumières.
« En 1734, Voltaire a quarante ans. Tout le monde, même ses amis, l’avait mis en garde contre cette publication : l’auteur se vengeait un peu, sur la nation entière, des coups de bâton reçus des laquais du chevalier de Rohan, par un dénigrement systématique de tout ce qui est français, au profit d’une Angleterre exaltée, aux dépens d’une France humiliée. » (Hubert Saget in livre 52 Ecrivains de Haute-Marne, page 139)

Ces Lettres Anglaises provoquent un énorme scandale, sont condamnées au bûcher et leur auteur, sous le coup d’une lettre de cachet, doit quitter Paris.
« Devant la menace d’arrestation, la marquise du Châtelet lui offre l’hospitalité de Cirey, qui était alors le « bout du monde » et où il arrive au début de mai 1734. La marquise ne l’y rejoindra qu’en septembre et ils vont s’installer pour un séjour qui durera quinze ans » (Hubert Saget, idem ci-dessus.)

Aux confins du royaume de France et non loin de la cour du roi de Pologne Stanislas (beau-père de Louis XV), à Lunéville, il trouve un refuge où il peut savourer les plaisirs de la vie et épanouir son œuvre.





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 • IV - b) Vie de délices chez la divine Emilie


L’ancienne chasse de Cirey-sur-Blaise, sur laquelle a été bâti un château est isolé mais c’est aussi une étape bien pratique entre Paris, le duché de Lorraine et la cour du roi Stanislas, beau-père de Louis XV, à Lunéville.
En arrivant à Cirey, Voltaire trouve un château sinon délabré, du moins très rustique mais qui ne manque pas de charme. En accord avec le marquis du Châtelet, il décide de le restaurer et de l’agrandir. Finalement, le lieu n’a rien de désolé ou rébarbatif. Ce n’est certes pas un palais, mais le très riche Voltaire y ajoute une aile et l’équipe du confort luxueux cher aux favorisés du dix-huitième siècle.

La propriété présente également un avantage qui met le philosophe à l’aise avec ses idées : les paysans y connaissent un sort plus enviable qu’ailleurs ; affranchis dès la fin du 15e siècle, ils jouissent de droits des forêts, partagent le gibier avec les seigneurs lorsqu’ils participent aux battues et peuvent faire paître à volonté leur bétail dans les bois. Même si le célèbre philosophe n’a pas donné l’impression de s’intéresser beaucoup à eux pendant son séjour à Cirey, (en tout cas, rien de semblable avec ce qu’il mettra en place plus tard à Ferney) cette situation ne lui a certainement pas déplu.

Et surtout, Voltaire vit chez une femme exceptionnelle : la libre, érudite et intelligente Gabrielle Emilie de Breteuil, marquise du Châtelet. Elle parle plusieurs langues, traduit Isaac Newton, reproduit et développe des expériences scientifiques, s’intéresse à l’histoire, écrit des traités philosophiques, notamment sur le bonheur, spécialiste des sciences physiques, d’astronomie et de mathématiques… Elle est aussi une femme émancipée avant l’heure qui se baigne nue dans le canal en bas du château et vit librement ses amours. Elle est, certes mariée, mais son militaire d’époux partage rarement sa présence et ils mènent en plein accord leur vie chacun de leur côté.
Emilie du Châtelet forme avec Voltaire un couple de beaux esprits, idéal du dix-huitième siècle. De plus, loin des intrigues de cour, des hôtes illustres passent leur rendre visite et décrivent un séjour idyllique. Voltaire les distrait en improvisant des pièces dans son théâtre personnel où il aime jouer lui-même un rôle.
En outre, Voltaire et Émilie constituent une bibliothèque de plus de 21 000 ouvrages, ce qui était l'équivalent d'une bonne bibliothèque d'université de cette époque. Elle comporte des ouvrages d'auteurs anciens et contemporains. Ils passent une grande partie de leur temps à lire, à analyser et à discuter les travaux de nombreux auteurs afin de chercher à établir ce qu'ils pensaient être la vérité sur tel ou tel sujet. (cette bibliothèque est vendue à Catherine II de Russie par l’héritier de madame du Châtelet, après son décès)
En fait d’exil, les deux savants mènent donc une vie faite de lectures, poésies, théâtre, expériences scientifiques et pique-nique au vin de champagne… et de disputes en anglais pour ne pas être compris des visiteurs. (Ces anecdotes sont tirées du livre d’Hubert Saget sur Voltaire à Cirey, présenté en page « recherche d’une oeuvre » sur ce site)

Voltaire a donc vécu à Cirey une période bien heureuse de sa vie.





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 • IV - c) La contribution de Cirey à la pensée européenne :


(Plan dessiné par Claude et Roger Petitpierre, du château de Cirey avec les modifications apportées par Voltaire)

Voltaire arrive à Cirey à quarante ans, après de nombreuses expériences et en pleine maturité d’écrivain et de philosophe. Dans ce lieu propice au travail et à la réflexion, il conçoit une production littéraire intense : des tragédies et des comédies comme Mérope, Alzire, Mort de César, le Comte de Boursouffle et l’Enfant Prodigue ; un bel essai sur pouvoir et sous-titré « Le fanatisme » avec Mahomet ; le Siècle de Louis XIV presque en entier ; des essais de formes variées sur la métaphysique, Molière ou Newton…
C’est ainsi que germent à Cirey, pendant le séjour de Voltaire, des idées qui vont transformer la pensée européenne. Jusqu’à présent, la pensée était cartésienne et rationnelle. Voltaire, qui vient de passer trois ans en Angleterre, traduit des œuvres anglaises et révèle des talents comme Pope, Swift, Berkeley. Ses réflexions et les études d’Emilie du Châtelet sur la pensée de Newton, sont à l’origine d’un bouleversement intellectuel où les anglo-saxons ont désormais une place primordiale, ce dont ils lui sont éperdument reconnaissants :

« Car déjà dans les « Lettres philosophiques », la XIVe surtout, il avait parlé avec éloquence et justesse de Newton. A Cirey ensuite, il fit paraître les « Eléments de la philosophie de Newton », écrivit l’introduction aux « Principes », traduits par la marquise du Châtelet. A la suite de quoi l’œuvre du physicien, mais avec elle la culture anglaise, devinrent l’objet d’un engouement qui n’a plus cessé jusqu’à nos jours, provoquant ce déplacement du centre de gravité culturel du Midi au Nord, et des nations latines aux nations anglo-saxonnes, tellement caractéristique du XVIIIe siècle.
Cirey dans l’histoire intellectuelle ? C’est la fin de l’isolement culturel de l’Angleterre, c’est le début de l’anglomanie.» (Hubert Saget in 52 Ecrivains haut-marnais, page 140)
Le philosophe a également écrit à Cirey un long poème sur la désacralisation de Jeanne d’Arc au point que l’on peut dire que c’est là qu’il a structuré son déisme.

Voltaire n’a pas fini d’écrire son œuvre lorsqu’il quitte Cirey, mais il y a conçu les grandes œuvres de sa pleine maturité de philosophe, sans oublier la brillante correspondance entretenue avec toute l’Europe. On voit combien ce lieu isolé sur le cours d’eau de la Blaise, au milieu des forêts haut-marnaises, a contribué à l’évolution des idées philosophiques françaises et du développement de la culture européenne !




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 • IV - d) Départ


(Porte du Château de Cirey avec une citation de Voltaire -à lire dans les citations)

Les liens entre Voltaire, Cirey et la « Divine Emilie » se distendent avec le temps. En 1739 et 1740, le philosophe s’éloigne périodiquement de son hôtesse et son château. En outre, il n’a jamais renoncé au désir de fréquenter les grands et leurs cours. A partir de 1736, il entretient une correspondance régulière avec le prince royal de Prusse. Lorsque celui-ci devient roi sous le nom de Frédéric II, Voltaire ne résiste pas à l’invitation de celui qu’il considère comme le modèle du « despote éclairé », son idéal politique. Il se verrait bien partager son règne en le conseillant de ses Lumières (= idées des Philosophes). En novembre1741 il effectue donc un premier voyage à Berlin. Il y retourne en 1743 comme diplomate amateur pour déjouer les desseins du jeune souverain vis à vis de la France.
En 1745, son habilité de diplomate et le soutien de la nouvelle favorite de Louis XV, Madame de Pompadour, lui valent son retour en grâce à la cour de France. Il devient historiographe du roi. Cette même année, il rencontre Rousseau et d’Alembert, il est (enfin) élu à l’Académie française. Parallèlement, sa nièce, madame Denis, devient sa durable maîtresse.
Mais Voltaire n’est pas un bon courtisan. Son ironie lui attire des ennemis. Il ressent la vanité de la vie mondaine et d’une cour superficiellement intellectuelle, bien loin de la profondeur à laquelle son séjour à Cirey l’avait accoutumé. En 1748, le courtisan désabusé et aigri, se retire un an à Lunéville, à la cour du roi Stanislas de Pologne, avec Emilie du Châtelet. Il a la douleur de la surprendre dans les bras de Saint-Lambert. Il se réfugie dans l’écriture d’une tragédie. Mais le 10 septembre 1749, c’est le drame : Emilie, comme une femme sur deux de son temps, meurt des suites d’un accouchement. Voltaire est anéanti. Il ne pourra échapper à sa douleur qu’en se réfugiant dans la littérature et en reprenant ses voyages, à commencer par la Prusse.
C’est ainsi que se termine, dans le drame, le séjour de Voltaire à Cirey.




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 • V - Extraits d’oeuvres sur la Haute-Marne


Voltaire a beaucoup écrit à Cirey ; par contre, il a peu écrit sur Cirey. C’est essentiellement dans sa correspondance qu’il y fait référence.
« Cirey est charmant, c'est un bijou » (in Lettres, vers 80)
« Mme du Châtelet ne sait comment répondre à ces agaceries séduisantes » (correspondance)
"Tout en elle est noblesse, son attitude, ses goûts, le style de ses lettres, sa manière de parler, sa politesse... Sa conversation est agréable et intéressante." (Il parle, bien sûr, d’Emilie)

On peut cependant lire sur le fronton (entrée d'honneur) du château de Cirey, ces vers de Voltaire :
« Azile des Beaux-arts, solitude où mon coeur
Est toujours demeuré dans une paix profonde
C'est vous qui donnez le bonheur
Que promettait en vain le monde. »

Il est aussi intéressant de citer un extrait du Mondain, écrit à Cirey, en 1736. Ce long poème provocateur et véritable apologie du luxe exprime les idées de Voltaire sur les relations internationales. Il donne une idée de la réflexion ouverte et intense que le séjour à Cirey a permis au philosophe :
« Ce temps profane est tout fait pour mes mœurs
J’aime le luxe et même la mollesse
Tous les plaisirs, les arts de toute espèce,
La propreté, le goût, les ornements :
Tout honnête homme a de tels sentiments.
Il est bien doux à mon cœur très immonde
De voir ici l’abondance à la ronde
Mère des arts et des heureux travaux,
Nous apporter, de sa source féconde,
Et des besoins et des plaisirs nouveaux.
L’or de la terre et les trésors de l’onde,
Leurs habitants et les peuples de l’air,
Tout sert au luxe, aux plaisirs de ce monde.
Oh ! Le bon temps que ce siècle de fer !
Le superflu, chose très nécessaire,
A réuni l’un et l’autre hémisphère.»




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 •  VI - Pour aller plus loin : les manuscrits d'Emilie du Châtelet


On les croyait perdus puisque le château de Cirey a été vidé après la mort d'Emilie par son fils. Celui-ci meurt pendant la Révolution et les biens sont légués à sa nièce par alliance, madame Simiane, née Marie-Adélaïde de Damas.
En 2010, on retrouve les archives de la famille du Châtelet dans des malles conservées dans un grenier à Rosnay-l'Hôpital, dans l'Aube (dans la nouvelle maison où les Damas se sont installés après la vente de Cirey en 1892)
C'est ainsi que de façon inespérée on retrouve une foule de renseignements sur la société et l'époque d'Emilie du Châtelet : contrats de mariage, héritages, correspondances, agendas d'Emilie avec ses factures ainsi que des manuscrits annotés.

Le Conseil général de Haute-Marne s'est rendu acquéreur des archives de la famille du XIIIe siècle à la Révolution française (pour 150 000€).
Les autres pièces ont atteint des records de prix lors de la vente aux enchères à Paris le 29 octobre 2012. La pièce majeure "L'exposition abrégée du système du monde selon les principes de Monsieur Newton" abondamment corrigé par Emilie du Châtelet, ainsi que des manuscrits de Voltaire, sont partis pour 961 000€. Les "Eléments de la philosophie de Newton" dédiés à Emilie ont été acquis pour 421 000€
Ces pièces exceptionnelles seront exposées au Musée des Lettres et des Manuscrits à partir de janvier 2013 et seront disponibles aux études des chercheurs.
Un portefolio de vingt-neuf gravures du XIXe siècle proposant des "vues de Cirey" devrait regagner le château qui appartient aujourd'hui à monsieur et madame de Salignac.




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Liste d'oeuvres :
 52 Ecrivains Haut-Marnais de Jehan de Joinville à Jean Robinet