A l'honneur ...



Claude et Roger PETITPIERRE

Enfin, après vingt-cinq ans d´un travail sérieux, acharné et minutieux, ils font éditer le magistral ouvrage de Haute-Marne au Coeur de l´Histoire : deux volumes de cinq cents pages pour faire découvrir les richesses trop souvent méconnues du lieu de ce département, de la préhistoire à nos jours.

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  MICHEL Louise (29 mai 1830 / 9 janvier 1905)  
 
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 • Sommaire :


Photo : plaque apposée sur la façade de la maison, rue Juvet à Chaumont où Louise Michel a vécu

Cette page a été réalisée par Anne Duvoy (texte) et Philippe Savouret (photos)





Sommaire de cette page :
I - Lieux haut-marnais associés à Louise Michel
II - Vie de Louise Michel
III - Oeuvre littéraire de Louise Michel / bibliographie
IV- Extraits en lien avec la Haute-Marne
V - Pour aller plus loin




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 • I - Lieux haut-marnais associés :


Photo : la maison où Louise Michel habita à Millières

Vroncourt la côte, où naquit Louise Michel le 29 mai 1830.

Chaumont, où elle prépara son brevet d’institutrice, à la pension Beths-Royer, rue Juvet (1851).

Audeloncourt, où elle ouvrit une école libre, refusant de prêter serment à l’Empire (1853).

Millières, où elle ouvrit de nouveau une école (1855).

Auberive, où elle est transférée le 21 décembre 1871 et où elle reste emprisonnée vingt mois avant d’être déportée en Nouvelle-Calédonie.







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 • II - Vie de Louise Michel


Photo : stèle en hommage à Louise Michel, dressée à Vroncourt la Côte

Une atmosphère particulière règne-t-elle à Vroncourt, petit village du Bassigny accroché à flanc de coteau, pour posséder l’étrange singularité d’abriter le berceau de deux destinées d’exception, de deux femmes pionnières de monde en devenir ? L’une, Jeanne Mance, fonda Montréal… L’autre, Louise Michel, offrit sa vie à la justice sociale…
Il est troublant en effet d’imaginer que la Maison forte où vécut Jean Mance, Maître de forges, seigneur de Vroncourt et grand-oncle de Jeanne, devint ensuite le Château, demeure des Demahis où Louise passa toute son enfance… Hélas, il n’en reste rien. Seule une stèle garde la mémoire de ce passé-là…

« C’était une vaste ruine, où le vent soufflait comme dans un navire. »







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 • a) Une vie devenue un mythe


Louise Michel est née le 29 mai 1830 à Vroncourt, en Haute-Marne.

« Vroncourt ! C’est au versant de la montagne, entre la forêt et la plaine : on y entend hurler les loups, mais on n’y voit pas égorger les agneaux. A Vroncourt on est séparé du monde… Cela est grand et cela est beau. »

Ardente combattante pour plus de justice et d’égalité entre les humains, Louise Michel a marqué son siècle. Son nom porte dorénavant le symbole de la révolte contre une société brutale pour les plus faibles ; il porte aussi l’espoir d’un meilleur demain à construire, ensemble.

Elle s’est éteinte le 9 janvier 1905, à Marseille.
Personnage parfois controversé pour sa participation active aux barricades de la Commune, elle reste néanmoins pour tous une des figures les plus marquantes de notre temps.

« Citoyenne, votre évangile
On meurt pour ! C’est l’honneur ! Eh bien
Loin des Taxil et des Bazile
Louise Michel est très bien. » Verlaine






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 • b) Une vie d’engagement, La Vierge Rouge


Photo : école de Vroncourt-la-côte où Louise Michel fit ses premiers apprentissages

Louise Michel semble ne pas avoir souffert de sa naissance hors-mariage, nourrie par l’amour de sa mère Marianne Michel et par celui de Charles et Charlotte Demahis qui l’élèvent comme leur propre petite-fille. Ils lui donnent les bases humanistes d’une solide instruction, qui complètent sa nature curieuse et inventive. Intuitive aussi, sans doute…

« Oh ! mon rêve est bien grand et je suis bien petite.
Destin, que feras-tu de mon rêve géant ? » Vroncourt, 1845


Quand Charles Demahis meurt en 1844, le destin de Louise bascule. Avec sa mère, elle doit bientôt quitter Vroncourt. En 1851, elle rejoint Chaumont pour y préparer le brevet d’institutrice. Elle l’obtient en 1852 à Versailles.

Elle ouvrira une école à Audeloncourt en 1853, puis à Millières en 1855, avant de gagner Paris en 1856 .
Sa pédagogie est novatrice et très en avance sur son époque, prônant l’égalité éducative entre les garçons et les filles et surtout utilisant des méthodes actives faisant la part belle aux expériences concrètes.

« S’instruire pour instruire et détruire l’ignorance, la calamité de ce monde. »

Elle milite et enseigne. En 1868 , avec le soutien de Georges Clemenceau, elle crée les premières cantines populaires.
Son engagement politique dans la lutte contre l’Empire s’intensifie. Elle collabore à divers journaux d’opposition, participe à des réunions publiques avec Jules Vallès, Eugène Varlin et Théophile Ferré.

Elle est à Paris quand éclate la guerre de 1870. La capitale est en état de siège, occupée par les Prussiens.
En novembre 1870, elle est élue présidente du Comité de vigilance du 18ème arrondissement et fréquente le Club de la Patrie en danger.
Le peuple souffre du froid, de la faim. Louise Michel organise l’aide aux plus déshérités.

« Ce n’est pas de charité que le peuple a besoin, mais de pain. »

« J’ai vu les travailleurs des champs traités comme des bêtes et ceux des villes mourir de faim. »

Quand après la Révolution du 18 mars 1871, la Commune est proclamée véritable gouvernement du peuple, Louise Michel s’y engage de toute son énergie.

« J’ai vu pleuvoir les balles sur les foules désarmées… Il était impossible après tout cela de ne pas jeter ma vie dans la révolution. »

Les Communards doivent résister aux Prussiens et aussi à l’armée française commandée par Thiers. Durant la Semaine Sanglante, du 21 au 28 mars 1871, plus de 30 000 Communards, hommes, femmes, enfants, seront massacrés par les Versaillais.
Louise Michel est arrêtée. Elle réussit à s’échapper, mais se rend pour faire libérer sa mère. Elle est incarcérée à Versailles puis à Arras.

« On avait emmené ma mère pour la fusiller à ma place…et si je n’ai pas été fusillée ce jour-là, c’est que je me trouvais d’autant plus calme que je me croyais à ma dernière heure et la cause perdue, je leur ai dit leurs vérités à peu près comme la mort aurait pu le leur dire, si la mort parlait… »

Condamnée à la déportation à vie, Louise Michel est transférée à la prison centrale de femmes d’Auberive le 21 décembre 1871.

« Soufflez ô vents d’hiver, tombe toujours la neige
On est plus près des morts sous tes voiles glacés
Que la nuit soit sans fin et que le jour s’abrège
On compte par hiver chez les froids trépassés. »

« Nulle part je ne vis si longue que dans la Haute-Marne la saison des frimas, jamais je n’ai senti, à part dans les mers polaires, un froid plus âpre. »


Bien que la vie y soit rude, durant presque deux ans, Louise Michel peut voir sa mère, se ressource, écrit…
Le 24 août 1873, c’est le départ pour la Nouvelle-Calédonie.


« Enflez les voiles, ô tempêtes !
Plus haut, ô flots ! plus fort, ô vents !
Que l’éclair brille sur nos têtes !
Navire, en avant ! en avant !
Pourquoi les brises monotones ?
Ouvrez vos ailes, ô cyclones !
Traversons l’abîme béant. »

Dans ces terres lointaines de la presqu’île Ducos elle devient l’institutrice des enfants de déportés et de colons. Elle ouvre une école à Nouméa en 1879.
Elle se révolte contre la discrimination des Blancs vis-à-vis du peuple local, les Canaques.

« Si au lieu de civiliser les peuples enfants à coups de fusil, on envoyait dans les tribus des maîtres d’école… »

Après 7 ans de déportation, le 9 novembre 1880, Louise Michel est accueillie par une foule immense à la gare Saint-Lazare, à Paris.
« Dis-lui que par le temps rapide
Tout appartient à l’avenir
Que le vainqueur au front livide
Plus que le vaincu peut mourir. »

Elle voue ensuite sa vie à parcourir la France et même l’étranger pour de multiples conférences où elle sème ses idées d’anarchie, de justice et de progrès social :
l’école laïque, gratuite et obligatoire
le droit pour tous au travail et à la culture
l’abolition de la peine de mort
la séparation de l’église et de l’état
la liberté de la presse
la création de crèches
la création de maisons pour les handicapés…

« Il n’y a pas d’héroïsme puisqu’on est empoigné par la grandeur de l’œuvre à accomplir et qu’on reste au-dessous. »

« Ce n’est pas une miette de pain, c’est la moisson du monde entier qu’il faut à la race humaine, sans exploiteurs et sans exploités. »

Elle connaît de nouveau la prison (1883-1886 puis1890), s’exile à Londres (1890-1895) où elle ouvre une école avec Charlotte Vauvelle, voyage, infatigable…

« Je crois en la révolution comme d’autres croient en Dieu. »

En 1895, avec Sébastien Faure, elle participe à la fondation du journal Le Libertaire.
En 1904, souffrant d’une pneumonie, elle rédige son testament et demande à être inhumée aux côtés de sa mère, non loin de Théophile Ferré.
Elle meurt le 9 janvier 1905 à Marseille d’une congestion pulmonaire. Son corps est ramené à Paris où une foule de plus de cent vingt mille personnes l’accompagne au cimetière de Levallois-Perret, le 21 janvier 1905.






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 • c) Une vie d’écriture, aussi


Très jeune, Louise Michel s’adonne à l’écriture.
Elle ose s’adresser à l’illustre Victor Hugo, avec qui elle entretient ensuite une correspondance suivie, lequel lui rendra un vibrant hommage dans le poème Viro major « plus grande qu’un homme ».

« Ceux qui savent les vers mystérieux et doux,
Tes jours, tes nuits, tes soins, tes pleurs apportés à tous
Ton oubli de toi-même à secourir les autres,
Ta parole semblable aux flammes des apôtres,
Ceux qui savent le toit sans feu, sans air, sans pain,
Le lit de sangle avec la table de sapin,
Ta bonté, ta fierté de femme populaire,
L’âpre attendrissement qui dort sous ta colère,
Ton long regard de haine à tous les inhumains,
Et les pieds des enfants réchauffés dans tes mains. »

Quand les mots existants ne suffisent pas, elle n’hésite pas à en créer pour porter ses idées, se disant par exemple agame, c’est-à-dire, par extension, célibataire...






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 • III - Bibliographie


Elle laisse une œuvre éclectique, de poésies, de nouvelles, de contes et légendes, de romans, de théâtre, d’essais, de mémoires.


Œuvres de Louise Michel publiées à son époque :
Lueurs dans l’ombre. Plus d’idiots. Plus de fous. (1861)
Le livre du jour de l’An, historiettes, contes et légendes pour enfants
La Grève dernière (1881)
La Misère (1882)
Les Méprisées (1882)
Le Gars Yvon, légende bretonne (1882)
Nadine (1882)
Le Bâtard impérial (1883)
La fille du peuple (1883)
Les Paysans
Contes et légendes pour les enfants (1884)
Légendes et chants de geste canaques (1885)
Les Microbes humains (1886)
L’Ere nouvelle, Pensée dernière ; souvenirs de Calédonie (1887)
Lectures encyclopédiques par cycles attractifs (1888)
Le Monde nouveau (1888)
Les Crimes de l’époque (1888)
La Commune (1898)
A travers la vie
Le Claque-dents


Œuvres de Louise Michel disponibles en librairie :
Histoire de ma vie
Le Livre du Bagne
Lueurs dans l’ombre, plus d’idiots, plus de fous
Légendes et chansons de gestes canaques, et autres textes de Nouvelle-Calédonie
La Misère
Souvenirs et aventures de ma vie
Le Livre des bêtes
Les Microbes humains
Le Monde nouveau
Lectures encyclopédiques par cercles attractifs
Les Filles de la Gaboulette
Nadine, Prométhée
Le pilou-pilou du roi Manouséba
La Commune
Mémoires, écrits par elle-même
Premières et dernières amours
Prise de possession


« Il n’y a qu’à grandir les choses pour qu’elles sauvent au lieu de perdre : étendre le sentiment de la patrie au monde entier ; le bien-être, la science, à toute l’humanité. » Louise Michel





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 • IV - Extraits en lien avec la Haute-Marne


Le nid de mon enfance avait quatre tours carrées avec les toits en forme de clochers.
Cette vaste ruine, où le vent soufflait comme dans un navire, avait au levant, la côte des vignes et le village, dont il était séparé par une route de gazon large comme un pré.
au bout de ce chemin qu'on appelait la "routote", le ruisseau descendait l'unique rue du village. Il était gros l'hiver; on y plaçait des pierres pour traverser.
A l'est, le rideau de peupliers où le vent murmurait si doux.
A l'ouest, les côtes et le bois de Luzerain, d'où les loups, au temps des grandes neiges, entrant par les brèches du mur, venaient hurler dans la cour. Les chiens leur répondaient furieux et ce concert durait jusqu'au matin.
Quelle paix dans cette demeure et dans ma vie à cette époque !
Que ma vue se reporte une fois encore sur Vroncourt !
Près du coudrier, dans un un bastion du mur du jardin, était un banc, où ma mère et ma grand-mère venaient pendant l'été, après la chaleur du jour.Le jardin était frais dans la rosée du soir.
Les parfums s'y mêlant montaient comme d'une gerbe.
Le chévrefeuille, le réséda, les roses exhalaient de doux parfums. Les chauves-souris volaient doucement dans le crépuscule et, cette ombre berçant ma pensée, je disais les ballades que j'aimais, sans songer que la mort allait passer.
Et les ballades et la pensée et la voix s'en allaient au souffle du vent. Il y en avait de belles

Louise Michel - Mémoires




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 • V - Pour aller plus loin






Association Louise Michel 1 rue de la Croisette 52200 Langres. asso.louise.michel@free.fr




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Liste d'oeuvres :
 52 Ecrivains Haut-Marnais de Jehan de Joinville à Jean Robinet